Kevin-Finel.fr http://kevin-finel.fr Le Blog Sun, 27 May 2018 13:42:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.12 71562892 Plaidoyer pour l’exploration des états de conscience … http://kevin-finel.fr/plaidoyer-lexploration-etats-de-conscience/ http://kevin-finel.fr/plaidoyer-lexploration-etats-de-conscience/#comments Sun, 27 May 2018 12:51:05 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=816 Je me demande parfois si dans 15 ou 20 ans des cours de modification d’état de conscience seront proposés comme peuvent l’être aujourd’hui des cours de danse, de yoga ou d’écriture. Ou mieux encore, si ce sera une matière enseignée à l’école : une éducation à la souplesse subjective, en complément de l’éducation physique et des [...]

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Je me demande parfois si dans 15 ou 20 ans des cours de modification d’état de conscience seront proposés comme peuvent l’être aujourd’hui des cours de danse, de yoga ou d’écriture. Ou mieux encore, si ce sera une matière enseignée à l’école : une éducation à la souplesse subjective, en complément de l’éducation physique et des mathématiques ? Imaginez-vous un pays où des enfants apprennent à étirer leur subjectivité, à modifier leurs points de vue, à tester différentes configurations identitaires ? Assurément, cela aurait de l’allure !

 

Apprendre à ne pas croireétats de consciences et hypnose

Je me souviens au Lycée m’être amusé à lire chaque jour un journal différent en tentant d’entrer dans la peau des lecteurs ciblés par leur ligne éditoriale. Lire l’humanité avec la pensée d’un marxiste… puis le lendemain le figaro avec le regard d’un libéral convaincu était le genre de grand écart intellectuel qui me plaisait tout particulièrement. J’adorais cette sensation d’être convaincu d’une chose au point de pouvoir la défendre corps et âme un jour, et le lendemain d’être capable de la critiquer avec autant de virulence ! Sans doute étais-je déjà amusé par cette idée de ne croire en rien et à tout, de ne pas chercher de vérité mais la multiplication des expériences en les savourant toutes sans exception, comme on dégusterait avec curiosité les spécialités culinaires de différents pays.

Il me semble qu’on nous apprend bien trop tôt à nous identifier à des points de vue, à croire. Croyances culturelles, religieuses, économiques…  Chaque croyance vient figer quelque chose en nous. Elle amène un point de vue qui se stabilise, se renforce et érige des barrières mentales. Les prisons ne sont pas toujours en béton, et les plus contraignantes n’ont peut-être même pas de murs. Une éducation à la modification de l’état de conscience me semble être une façon de ne jamais se laisser emprisonner, de toujours être en quête de renouvellement, de changement.

 

Changer de point de vue  

J’ai toujours été convaincu le premier que les maux de l’humanité étaient liés à cette étrange aptitude qu’ont bien des individus à considérer leur point de vue comme étant le seul à être valable, et même le seul qui soit digne d’intérêt. Apprendre à modifier son état de conscience c’est déjà apprendre à s’évader de soi, à épouser d’autres regards… d’autres points de vue et d’autres assemblages du réel.

En tant que praticien en hypnose, c’est l’une des premières choses que l’on apprend à faire : regarder l’autre comme un monde en découvrir, comme un profond mystère, insoluble sans doute, mais qui nous invite à sortir de nous-même pour aller à sa rencontre.

Dans le quotidien, j’observe peu de personnes capables de regarder les autres ainsi. Cela arrive parfois quand une extrême relation de confiance existe entre deux individus. Mais si un inconnu nous donne un conseil, l’écoutons-nous ? Considérons-nous son point de vue avec curiosité ? Combien de personnes disent non avant même d’envisager les arguments opposés ?

 

Une voie d’empathie

Chaque individu me semble être une réponse possible et unique au monde. Chaque expérience, chaque vécu, même le plus infime, a influencé son développement. Quand nos yeux se posent sur une personne, ce que nous voyons c’est le résultat de ce façonnage progressif. Chaque personne est un reflet du monde. Un reflet unique, éphémère et impossible à reproduire…

Dans mon métier de formateur d’accompagnant, je tente de faire passer cette notion essentielle. Il faut alors lutter contre des années de conditionnement inverse ! Entrer dans le monde de l’autre est souvent perçu comme une mise en danger, le risque de se perdre…  Je parle pourtant d’une population de personnes qui se destine à accompagner d’autres humains vers le changement, des personnes sans doute bien plus réceptives à cette question que le serait un échantillon moyen de la population.

Jour après jour, il s’agit alors de les amener à se rendre compte que sortir de soi n’est pas un danger.

Ce que je souhaite dans une rencontre, c’est pouvoir ne serait-ce qu’un instant, regarder la vie depuis le point de vue de cette personne. Penser et sentir comme elle. Croire ce qu’elle croit, façonner mon point de vue à partir de son corps et de ses pensées. Y parvenir, c’est épouser un autre assemblage de la réalité. Un état de conscience extra-identitaire. Nous faisons parfois cette expérience à travers un média : une peinture, une musique, un livre sont des invitations à entrer dans le monde d’un autre… L’art nous sensibilise à des modulations d’état de conscience.

On dit parfois que pour bien connaître une ville il faut s’y perdre. Pour bien connaître une personne, peut-être qu’il faut accepter de se perdre en elle. Je me suis perdu dans bien des personnes que j’ai eu la chance d’accompagner vers le changement, j’en suis toujours revenu plus vivant que jamais. Chacune de ces expériences renforce l’empathie.

 

Recomposer le monde…

Il y a quelques années je me suis aperçu d’une chose étrange : parmi les personnalités les plus inspirantes – présentes ou passées – que je peux nommer, presque aucune a un parcours scolaire et même un parcours de vie « classique ». Il y a un paradoxe avec l’école d’aujourd’hui. Elle nous apprend à devenir moyen, à entrer dans la norme. J’ai grandi avec le mythe des bonnes notes à l’école comme facteur d’ascension sociale, d’égalité des chances. Depuis bien longtemps, plus rien en moi ne croit en cette légende. Pas mauvais à l’école, j’ai échappé de peu à cette normalisation forcée. Avec un parcours classique, je serais sans doute devenu psychologue ou avocat. Jamais je ne serai devenu praticien en hypnose, chef d’entreprise, conférencier, auteur, et encore moins rêveur.

Une école moderne éduquerait selon moi à l’esprit critique, à la multiplicité interne. Elle développerait une science du mouvement, nous apprendrait à aimer le doute et l’instabilité, à renouveler notre regard à chaque instant. A fuir la sécurité et à aimer le mouvement, la curiosité. A aimer oser. En d’autres mots, à jouer avec nos états internes à l’infini et à recomposer le monde à chaque instant.

 

Etats de conscience et évolution humaine ?

L’humain augmenté arrive. Transhumanisme, intelligence artificielle, génétique… : nous sommes sur le point de passer à une humanité 2.0. Cette transition, pour se donner une apparence états de conscience et auto-hypnoseacceptable, nous parvient par le biais de la médecine. Comment s’opposer à ce qu’un enfant puisse retrouver un jour la vue ? Mais du coup, pourquoi s’opposer à une vue augmentée ?  Un cerveau augmenté ?  La course à la mise à jour de l’humain ne fait que commencer. Pour ceux qui en tout cas pourront se payer ces améliorations… La suite est prévisible.

Je ne suis pas anti-technologie, mais je crois en l’humain. Je crois en sa capacité d’adaptation extraordinaire car je l’ai vu milles fois à l’œuvre. Je crois en sa capacité à dépasser les frontières du possible.

De tous temps les artistes et inventeurs ont cherché à modifier leurs états de conscience pour sortir des limites de leur époque. Absinthe, méditation, champignons, yoga, lsd, …  Qu’aurait écrit Baudelaire sans ses paradis artificiels ? Que serait la musique moderne sans les hallucinogènes ? (Petite anecdote savoureuse : la chanson « come together » fut à l’origine composée par John Lennon comme chanson de campagne pour Timothy Leary, lorsqu’il envisageait se présenter comme gouverneur de Californie contre Reagan).

« Tous les milliardaires que je connais, presque sans exception, prennent des hallucinogènes sur une base régulière. » Tim Ferriss, interview donnée sur CNN en 2015.

Bien-sûr, je pense que ces états peuvent être obtenus sans produits extérieurs, c’est en tout cas la voie que j’ai choisie et qui me passionne. Je pense même que dans une société qui ouvrirait la porte à l’exploration des états de conscience, l’attrait pour ces substances serait bien moindre. Les hypnotiques (outils utilisés par les praticiens en hypnose pour agir sur la construction subjective d’un individu) ont été créés pour reproduire ces états, mais aussi en inventer d’autres et maîtriser les processus qui les permettent. Peut-être pouvons nous imaginer une alternative au transhumanisme et aux psychotropes.

S’entraîner à altérer ses états de conscience me semble en tout cas être une excellente façon de développer son agilité intellectuelle, sa pensée disruptive et sa capacité d’adaptation. Chaque époque est marquée par quelques personnes ayant une pensée nouvelle, capables de voir ce qu’un autre ne voit, d’imaginer ce que personne ne s’autorise à imaginer. Que donnerait alors une génération entière d’individus habitués à naviguer entre les états de conscience ?

Sortir du meilleur des mondes !

Je relisais il y a peu Aldous Huxley. Dans « le meilleur des mondes » il décrit une vision d’avenir cauchemardesque d’une société normalisée poussée à son paroxysme. En 1932, c’est un roman de science-fiction. En 1958, le constat est effrayant : en 25 ans son roman est passé de la science-fiction à une simple description du quotidien. Cela lui inspire une suite, sous forme d’essai intitulé « Retour au meilleur des mondes ». Il y évoque ce constat mais aussi quelques pistes pour retrouver une liberté de pensée. L’exploration des états de conscience était déjà pour lui une voie de salut. Si Huxley pouvait poser un œil sur le monde actuel, serait-il plus saisi par le fait que cette société est encore plus uniformisée que ce qu’il a pu imaginer ? Ou par le fait que nous nous y sommes acclimatés avec autant d’aisance ?

Vers un nouveau regard…

« Parfois on regarde les choses telles qu’elles sont en se demandant pourquoi. Parfois on les regarde telles qu’elles pourraient être en se disant pourquoi pas. Gaëtan Roussel, « Il y a »

En tant qu’accompagnant, à chaque fois que je pose mon regard sur une personne que je m’apprête à conduire en état hypnotique, je me demande : à quoi ressemblerait cette personne si elle explorait ses possibles ? Si elle se souvenait de ses rêves ? Si elle exprimait réellement sa personnalité ?

Si je regarde l’autre en m’attendant à ce qu’il est, je l’enferme. Si je le regarde en imaginant ses possibles, je l’invite à être plus que ce qu’il me montre. Si je le regarde en me disant que tout est possible, mon regard sera libérateur. C’est ce regard que cherche un accompagnant. C’est ce regard qui à mon sens redonne son amplitude à l’être humain.

L’hypnose peut alors être perçue comme un moyen d’amener une personne à goûter à d’autres états de conscience, de l’initier à cette sortie du cadre qui autorise à penser différemment et à s’enivrer de tous les possibles qui existent en elle et que le monde peut lui offrir. Pour paraphraser les surréalistes, je crois que l’hypnose moderne est le carrefour des enchantements !

« Le surréalisme est le carrefour des enchantements du sommeil, de l’alcool, du tabac, de l’éther, de l’opium, de la cocaïne, de la morphine ; mais il est aussi le briseur de chaînes ; nous ne dormons pas, nous ne buvons pas, nous ne fumons pas, nous ne prisons pas, nous ne nous piquons pas et nous rêvons, et la rapidité des aiguilles des lampes introduit dans nos cerveaux la merveilleuse éponge défleurie de l’or. » Jean-Luc Rispail, Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l’action (1991)

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Retour sur un stage d’exploration des états de conscience http://kevin-finel.fr/retour-stage-dexploration-etats-de-conscience/ http://kevin-finel.fr/retour-stage-dexploration-etats-de-conscience/#comments Mon, 09 Apr 2018 20:59:50 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=790 Il y a quelques mois, nous décidions avec Vincent Hurner de proposer un stage intensif, centré sur l’exploration des états de conscience. Celui-ci est né d’une idée qui me tient à cœur depuis de nombreuses années maintenant : recentrer l’hypnose sur ce qu’elle me semble être fondamentalement, une discipline visant à étudier les moyens d’influencer et [...]

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Il y a quelques mois, nous décidions avec Vincent Hurner de proposer un stage intensif, centré sur l’exploration des états de conscience. Celui-ci est né d’une idée qui me tient à cœur depuis de nombreuses années maintenant : recentrer l’hypnose sur ce qu’elle me semble être fondamentalement, une discipline visant à étudier les moyens d’influencer et d’altérer notre état interne, pour nous permettre d’explorer les parties inconscientes de notre être. Ce stage vient d’avoir lieu et quelques jours après il me semble intéressant de partager certaines réflexions à ce sujet…

hypnose et états de conscienceL’hypnose :  une méthode d’exploration personnelle

Souvent, l’hypnose est définie comme une méthode visant à générer du changement. Elle prend aujourd’hui son essor dans des applications de type psychothérapie ou coaching. Si le mot psychothérapie a bien été créé par l’illustre spécialiste de l’hypnose du 19e siècle – H. Bernheim -, et que l’émergence du coaching a fortement été inspirée par les travaux de l’école de Palo Alto et donc de Miton H. Erickson, il me semble pour autant que ces applications ne suffisent pas pour définir l’hypnose.

Le sport peut aider quelqu’un à maigrir ou contribuer à prévenir les maladies cardio-vasculaires… mais ce n’est pas là sa vocation première. De même, l’hypnose peut faire du bien, changer la vie d’une personne… mais il s’agit d’une conséquence et non de sa définition.

L’hypnose me semble être avant tout une voie d’exploration personnelle. Les outils de l’hypnose favorisent une forme de flexibilité mentale susceptible d’amener une personne à sortir de ses états ordinaires, à aller visiter les parts inconscientes et habituellement inaccessibles d’elle-même. Un praticien est une sorte de guide, il sait comment accompagner une personne dans cet immense espace inconnu que nous nommons « inconscient ».

Un tel voyage est une formidable occasion d’apprendre à se connaître, d’explorer son identité et sa construction personnelle, de mettre le mental en sourdine, d’envisager des points de vue nouveaux ou encore de découvrir en nous des possibilités et capacités qui nous échappent dans nos états ordinaires. A mon sens, tout cela va bien au-delà d’un simple travail « thérapeutique ».

 

Remettre du mouvement…auto-hypnose

Dès le début du stage, nous avons proposé aux participants une grille de lecture basée sur deux présupposés :

Le premier est que ce que nous percevons comme notre « état ordinaire » est en fait une simple possibilité de nous-même. Une possibilité que nous avons commencé à construire dès notre petite enfance et qui s’est ensuite plus ou moins figée. Explorer d’autres états de conscience est alors une invitation à remettre notre identité en mouvement, mais aussi à se désidentifier de ce qu’on nomme habituellement « moi ».

Le second présupposé est que nous sommes des êtres multiples. Nous ne montrons souvent qu’une facette de nous-même au monde qui nous entoure, et parfois même nous ne connaissons de nous- même que cette facette à laquelle nous nous identifions. En modifiant nos perceptions subjectives, il est possible de générer d’autres possibilités, d’autres assemblages…

A partir de ces deux présupposés, il s’agissait donc d’explorer ; tous les exercices proposés visaient à fluidifier la subjectivité, à modifier avec de plus en plus d’amplitude l’état de conscience et à proposer de nouvelles identifications pour apprendre à jouer avec elles.

 

Un voyage dans le voyage

Une première façon de modifier l’état d’être consistait à créer un contexte unique. Nous avions choisi celui d’un Riad à Marrakech. Autre lieu, autre culture, autre ambiance, autres odeurs…  Le voyage, parce qu’il change nos habitudes, est déjà une invitation à quitter ses états de conscience ordinaires. On part en voyage pour s’aérer l’esprit, pour s’ouvrir à de nouvelles réflexions, pour se renouveler… Outre le climat clément au mois de mars, le Maroc est le lieu d’une autre culture, d’un autre rythme. Quant au lieu, il était en lui-même une métaphore : un Riad n’a pas de fenêtres ouvertes vers l’extérieur : toutes sont tournées vers l’intérieur…

 

Un véritable entraînement à la transe

Si la notion d’entrainement à la transe est présente dans les travaux de Milton H. Erickson, elle est malheureusement souvent ignorée depuis. Chose surprenante, les études scientifiques qui s’intéressent à la question de la sensibilité à l’hypnose -à l’hypnotisabilité – ne prennent pas en compte un possible apprentissage de l’état pour les sujets hypnotisés. Il est même convenu que la sensibilité à la transe hypnotique est constante dans le temps pour un individu !

Sans rentrer dans les détails, cela s’explique en partie par l’usage pour ces études de procédés hypnotiques simplistes, conduits par des personnes formées hâtivement à la pratique… C’est un sujet à part entière, que je développerai sans doute dans un prochain article. En attendant, il est évident pour toute personne qui pratique l’hypnose que la sensibilité aux états altérés de conscience peut s’apprendre et se développer, tout comme la sensibilité à la lecture ou à la musique. Je ne parle même pas d’un entrainement particulièrement soutenu : un client qui vit sa 4e ou 5e expérience d’hypnose entre bien plus profondément et rapidement dans l’expérience que lors de sa première tentative !

Nous avions donc mis l’accent sur ce thème : un stage intensif permet un entraînement bien plus poussé que quelques séances individuelles. Plus l’entrainement dure, plus les barrières tombent… plus l’état d’une personne est fluide. C’est ce qui permet de visiter des configurations subjectives nouvelles et surprenantes…

 

S’échapper du connu…

Une des spécificités de l’Arche en tant qu’école est l’accent mis sur l’étude et l’utilisation de différents « hypnotiques », c’est-à-dire des outils permettant d’altérer l’état de conscience d’une personne.

Les médecins qui se forment à l’hypnose par exemple, apprennent en général une méthode unique pour accompagner leurs patients. Dans le cadre du travail sur la douleur par exemple, il s’agit souvent d’une méthode consistant à créer un effet d’évasion – de dissociation – pour aider une personne à s’éloigner mentalement de son corps. Ce mécanisme va l’amener à ignorer une bonne partie des sensations physiques, ce qui crée une forme d’anesthésie.

Mais l’hypnose moderne a cartographié de nombreuses possibilités, de nombreux « leviers inductifs » visant à obtenir des états de conscience extrêmement variés.  Pour se figurer cela, on pourrait s’imaginer 3 zones, comme dans le schéma ci-dessous :

 

  • La première zone est celle de nos états de conscience « connus », ordinaires. Notre état interne est en perpétuel mouvement, influencé par une multitude de facteurs : le contexte, les personnes, nos émotions… mais tant que nous sommes dans cette zone, nous avons l’impression d’être « nous-même ».
  • La seconde zone regroupe déjà des états altérés. La fatigue, la concentration, l’alcool ou encore une émotion forte peuvent nous y conduire. Un accompagnement hypnotique aussi. Dans ces états nous ne sommes pas tout à fait nous-même : plus proche de notre monde onirique, de nos émotions et intuitions… Ce sont déjà des états passionnants et parfois surprenants.
  • La troisième zone regroupe des états fortement altérés. Ils peuvent être provoqués par des psychédéliques, des méditations profondes… ou par un apprentissage soutenu visant à altérer l’état de conscience. Ces états sont souvent caractérisés par une désidentification du « moi habituel ».

Les frontières ne sont pas figées et aussi clairement définies dans la réalité, comme toute représentation, elle est métaphorique et symbolique, mais elle permet déjà de bien se représenter la façon dont l’hypnose agit :

  • Tout outil permettant à une personne de s’éloigner de la « Zone 1 » est un hypnotique.
  • Quelle que soit la direction choisie, elle provoquera un état altéré spécifique.
  • Plus on s’éloigne du centre, plus l’expérience est intense.

On comprend alors qu’il n’existe pas un état hypnotique unique, mais une multitude, chacun proposant une expérience bien à part !

Dès lors, le but du stage était de proposer des expériences visant à s’éloigner de la Zone 1 et possiblement d’atteindre la Zone 3 de multiples façons. On pourrait se figurer cela comme une tentative d’évasion, préparée méticuleusement et visant à s’échapper de la « prison » que constitue notre zone connue.

 

 Un exemple d’altération de l’état de conscience : l’utilisation de la respiration

Initiation au rêve lucide, visite de sa mythologie personnelle, exploration de la construction identitaire … les expériences furent nombreuses et variées, construites en un immense crescendo. Il serait long de toutes les détailler, mais j’aimerais évoquer ici deux d’entre elles :  le travail sur la respiration et l’exploration des résistances personnelles.

Certains lecteurs connaissent peut-être les travaux de Stanislas Grov sur la respiration holotropique, ou ont sans doute entendu parler de Wim Hof, personnage réputé pour son impressionnante résistance au froid – l’un de ses faits d’arme le plus connu fut de gravir l’Everest en short – obtenue grâce à un travail basé sur un profond travail respiratoire.

Nous nous sommes inspirés de ces modèles pour proposer des exercices basés sur des alternances entre suroxygénation, apnée vide et apnée pleine. (Pour les praticiens qui connaissent l’hypnose, on retrouve une variante d’induction par alternance de type « contraction / décontraction »). Un tel exercice mené pendant plusieurs dizaines de minutes génère un état très fortement altéré.

Après un premier entraînement qui permettait de découvrir la méthode – déjà très riche et stimulant –  nous avons utilisé cette respiration comme une occasion de plonger dans le ressenti, dans la partie instinctive et dans les mémoires… Il y a une véritable perte de contrôle dans ces états, une perte de contrôle du corps tout d’abord, qui entraîne un « abandon » du mental. C’est aussi une façon de laisser remonter à la surface des instincts, des idées et pensées enfouies… quelque chose de presque animal qui échappe à la logique habituelle.

Si en lui-même il est déjà fort intéressant à découvrir, il a aussi été proposé aux stagiaires de s’en servir pour revivre leur naissance, une façon de revenir au tout début de l’histoire identitaire…

 

Travail sur la résistance

Pour ce second point, imaginez-vous en train de courir droit devant vous, avec un élastique dans le dos, fixé à votre point de départ…  C’est ce que vivent la plupart des personnes qui tentent de modifier leur état de conscience, du moins au début de leur pratique. Elles tentent d’avancer, mais sont comme retenues : quelque chose les empêche d’aller trop loin. Ce quelque chose est constitué d’appréhensions, de peurs, de blocages… Notre culture nous amène à nous identifier à notre personnalité, aussi quand un état nouveau la remet en cause, il est logique que des réactions de défenses inconscientes se manifestent.

Dans les traditions chamaniques, pour remédier à ce problème, il y a le recours à l’utilisation de plantes, de psychotropes qui ne laissent pas le choix à l’explorateur : il se retrouve projeté dans un monde ou son ego ne peut conserver sa forme habituelle. La méthode est efficace, mais radicale… et à mon sens pas toujours adaptée à notre culture occidentale.

L’hypnose et l’auto-hypnose peuvent mener aux mêmes résultats, mais en suivant un chemin ou chaque personne va pouvoir explorer ses résistances, apprendre à les connaître et à les comprendre. C’est une voie de connaissance de soi qui est passionnante et oblige à regarder en soi avec une extrême lucidité. La méthode peut sembler plus douce, mais elle est décapante.

Pour y parvenir, nous avons entraîné pendant plusieurs heures les participants à s’éloigner d’eux-mêmes, toujours dans la même direction. Puis, il s‘agissait à chaque résistance rencontrée d’apprendre à la connaître, dialoguer avec elle pour obtenir la possibilité de passer au-delà, de la traverser et peut-être même de la transformer en alliée. De nombreuses limites furent alors franchies…

Le début d’un long voyage…

Dans notre société déritualisée, l’exploration d’autres états de conscience est un sujet quasi tabou.  Le seul état de conscience altéré connu par une majorité de personne est lié à l’alcool, ce qui n’est sans doute pas une invitation à vouloir aller plus loin. La psychologie a associé le plus souvent les états non-ordinaires de conscience à des dysfonctionnements pathologiques, ce qui génère peurs et incompréhensions…

Pourtant, cette exploration me semble répondre à un besoin important et profondément humain. Chaque culture, chaque civilisation a inventé ses propres outils pour partir à la découverte de nos mondes intérieurs, considérant cette quête comme importante, essentielle. Pour répondre à ce besoin,  chaque année un nombre croissant d’occidentaux s’envole vers le Pérou ou l’Equateur pour entreprendre des voyages chamaniques… Mais nous disposons en occident avec l’hypnose d’une discipline en plein essors qui permet cette exploration, en phase avec notre culture.  Je suis persuadé que l’hypnose va s’imposer dans les prochaines années comme un moyen privilégié de partir à la découverte de soi et de l’infinité de ses états de conscience, de ses configurations subjectives…   Le voyage ne fait que commencer.

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Un livre à Venise… http://kevin-finel.fr/livre-a-venise/ http://kevin-finel.fr/livre-a-venise/#comments Sat, 27 May 2017 09:03:03 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=756 Voici une vingtaine de jours que je suis à Venise, réalisant un vieux rêve : jouer les écrivains, écrire un livre au bord des canaux dans les petits quartiers de la Sérénissime délaissés des touristes. Ecrire et ne rien faire. J’écris un livre sur l’hypnose. C’est prévisible n’est-ce pas ? Sans doute. Pourtant, ces derniers temps, d’autres [...]

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Voici une vingtaine de jours que je suis à Venise, réalisant un vieux rêve : jouer les écrivains, écrire un livre au bord des canaux dans les petits quartiers de la Sérénissime délaissés des touristes. Ecrire et ne rien faire.

J’écris un livre sur l’hypnose. C’est prévisible n’est-ce pas ? Sans doute. Pourtant, ces derniers temps, d’autres envies d’écriture prennent vie dans mon imagination. Je les retiens. livre hypnose écriture kevin finelC’est que…  Je n’ai jamais vraiment écrit sur l’hypnose ! Quatre livres sur l’autohypnose, un sur la communication hypnotique avec mon complice Jean Dupré…  Mais jamais rien sur l’hypnose.  Quand j’y pense, ce n’est pas très sérieux… Il est temps de s’y mettre : les romans attendront encore un peu…

Plus précisément, ce livre est orienté vers la pratique, il consiste en une sorte de manuel, une méthode. Cela a déjà été fait ? Oui, d’une certain façon…  Mais – je crois – pas dans cet esprit.
Je lis à peu près tout ce qui paraît sur l’hypnose. Il y a des auteurs que j’aime, qui ont inspiré ma pratique : Erickson, O’Hanlon, Rossi, Watzlawick, Roustang et quelques autres… Mais il y a un livre que je n’ai jamais lu. Un livre qui apprend réellement comment on pratique l’hypnose, des bases aux outils avancés. Un livre qui décompose, qui entre dans l’infiniment petit de l’hypnose, tout en donnant une vision globale des méthodes. Qui parle des processus de changement, allant puiser dans ceux des traditions anciennes autant que dans l’apport des neurosciences…

Pourtant, quand je pense à mes débuts, ce livre j’aurais aimé le lire. Peut-être est-ce le rappel de ce manque qui guide aujourd’hui mon envie écrire ?  L’envie de tenter de donner à d’autres ce que je n’ai pas eu quand j’ai abordé cette discipline ?

Et puis… l’hypnose évolue.

Au fond, l’idée d’écrire ce livre n’est pas récente :  à chaque fois que je réécris le programme des formations données à l’arche, je me dis qu’il y a matière à en faire un livre. Mais à chaque fois, les idées évoluent. Un nouveau programme est à peine sorti que j’envisage les prochaines évolutions, guidé par une éternelle insatisfaction… C’est que ça fige les idées d’écrire ! Ça a un côté effrayant de figer une pensée en évolution.

Mais là, ça y est. L’écriture est lancée. Et au fil des pages, je me rends compte qu’il était grand temps…

C’est qu’après plus de 15 ans de pratique, il y a un style qui s’est dessiné : il est temps d’en rendre compte. Avec les années, est née une façon de penser l’hypnose, de la pratiquer, de façonner les états de conscience, de comprendre comment influencer cet équilibre précaire et limité qu’on nomme souvent « état ordinaire de conscience ». Je l’ai parfois un peu expliqué dans des cabinets publics, mais c’était par bribes, à la volée et sans cohérence.

L’Arche a été un lieu de gestation pour ce style. J’y ai jeté les premiers ingrédients et puis d’autres s’y sont retrouvés, s’en sont inspirés… et ont apporté leur pierre à l’édifice. Un groupe s’est créé, puis une école, une équipe. Elle est dynamique, exigeante, insatiable… il y règne une joyeuse émulation née de l’envie de faire murir l’hypnose, d’ériger cette pratique en art.

Cette hypnose, maintenant, a son identité.

Parmi de nombreuses idées motrices, il en est quelques-unes auxquelles je tiens particulièrement, et qui pour moi définissent cette hypnose « archienne » :

  • Une hypnose non dogmatique. J’en suis assez fier, surtout au moment où l’on voit éclore des hypnoses qui imposent des grilles de lectures aliénantes, sous couvert de mots attirants aux connotations spirituelles ! J’ai toujours pensé que l’hypnose devait libérer des règles et non en inventer. Que l’on se doit, en tant qu’hypnotiseur, d’éduquer à la liberté plutôt que mettre les gens sur de nouveaux rails, aussi séduisants soient-ils ! Pas d’ésotérisme de confiserie donc, mais plutôt une façon de décoder le réel, un désir d’aller dans la matrice des suggestions et de percer les codes de la subjectivité.
  • Une nouvelle façon d’envisager le processus inductif. Je me souviens avoir suivi des cours dans une école où l’enseignement de l’induction était si vague que ce vague même était au final tout ce qui restait de l’induction : de la soupe sous couvert d’être non directif. A d’autres endroits, on m’a donné des scripts à lire : fastfood hypnotique, malbouffe inductive.Il m’a fallu des années, inspiré par quelques géants – Erickson en tête – et par le besoin d’adapter l’hypnose à notre modernité, pour proposer des méthodes cohérentes : celles qui, à mon sens, permettent de guider au mieux les mouvements de la conscience.
  • Créer des états variés. Abandonnons définitivement l’idée d’un état d’hypnose unique –mon dieu quel archaïsme encore si souvent enseigné ! – pour aller vers l’idée que l’hypnose représente l’ensemble des outils permettant d’influencer la construction subjective d’un individu. Et ils sont magnifiques ces outils. Ils demandent de savoir jongler avec les mots, les rythmes, les patterns…
  • Une façon d’utiliser les suggestions indirectes. L’utilisation des suggestions a été théorisée depuis des décennies… mais il existe des façons de les travailler, de densifier le langage suggestif ou encore de travailler avec la résistance, qui n’ont pas encore été approfondies.
  • Une façon de penser le rapport. Ce rapport, si important en hypnose et si souvent négligé… Le lien entre le praticien et celui qui est guidé ne peut exister que si le praticien en question se considère comme étant lui-même l’outil… et qu’il façonne cet outil avec rigueur et exigence.
  • Une façon enfin de considérer l’hypnose comme un outil de changement. En se débarrassant progressivement des protocoles qui alourdissent la pratique, en s’inspirant des découvertes en neuroscience tout autant que de traditions anciennes, je crois que l’hypnose peut devenir une discipline à part entière. Ni médecine, ni psychologie, ni psychothérapie… Elle peut devenir une hypnologie : une science de l’hypnotique, de la suggestion et du subjectif.

Après plus de 15 ans, il est sans doute temps de partager toutes ces idées, de les détailler, de les mettre en théories et en exemples. Et puis, je sens bien que je suis plus proche de la fin de mon parcours dans l’hypnose que du début… D’autres envies prennent vie dans mon imagination. Je les retiens encore un peu…

Après une vingtaine de jours à Venise, il y a près de 200 pages. Je n’en suis pas à la moitié. Le chantier est plus long que prévu ! C’est bien : qu’il dure : c’est qu’il y a beaucoup à partager ! Je sens aussi que quelques articles vont ponctuer la suite de cette rédaction : à suivre…

K.F.

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L’hypnose, pour se libérer de certaines dépendances ? http://kevin-finel.fr/lhypnose-se-liberer-de-certaines-dependances/ http://kevin-finel.fr/lhypnose-se-liberer-de-certaines-dependances/#comments Sat, 20 May 2017 11:35:40 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=757   Récemment, a été publiée sur la chaine YouTube de l’Arche une séance d’hypnose tirée d’un cabinet public et dans laquelle je travaillais avec un jeune homme qui désirait stopper sa consommation de cannabis*. J’ai depuis reçu quelques questions intéressantes à ce sujet, notamment de la part de personnes qui souffrent de dépendances à différentes substances comme [...]

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Récemment, a été publiée sur la chaine YouTube de l’Arche une séance d’hypnose tirée d’un cabinet public et dans laquelle je travaillais avec un jeune homme qui désirait stopper sa consommation de cannabis*. J’ai depuis reçu quelques questions intéressantes à ce sujet, notamment de la part de personnes qui souffrent de dépendances à différentes substances comme la morphine, l’alcool, différents types de somnifères ainsi que d’autres drogues plus ou moins douces … 

hypnose et dépendancesAussi, j’ai eu envie de partager quelques réflexions sur ce sujet, d’expliquer les pistes explorées dans cette séance à travers deux cas complémentaires qui me semblent emblématiques de ce type de travail. Je précise ici, fidèle à ma vision de l’hypnose, que je ne considère pas ce travail comme visant à réparer ou à soigner la dépendance. A mon sens, il s’agit d’explorer et possiblement d’aider à libérer en créant de nouvelles options. L’hypnose est avant tout une méthode de pédagogie cognitive, nous permettant de mieux utiliser nos possibilités.

*pour ceux qui le souhaitent, la séance en question est visible ici : https://www.youtube.com/watch?v=nv8SXFvGJlw  

 

Eduquer aux états de conscience

Mon intime conviction est que nous aurions bien moins de problèmes de dépendance et d’addiction dans notre société si nous pouvions inclure dans l’éducation une sensibilisation à l’exploration des états de conscience.

Avez-vous l’impression de pouvoir créer l’état interne dont vous avez besoin à chaque instant ? Savez-vous par exemple vous concentrer quand il le faut ? Vous endormir très rapidement quand vous le décidez ? Vous détendre en cas d’envie ou de besoin ? Changer d’état d’esprit quand quelque chose vous préoccupe ? Déclencher votre créativité ou augmenter votre confiance pour franchir un obstacle ou une épreuve ?

Même si vous répondez positivement à toutes ces questions, vous avez sans doute conscience que ce n’est pas le cas pour une immense majorité d’individus dans notre société. Combien d’enfants rencontrent des problèmes de concentration ? Combien de personnes sont prises par le stress de leur travail même quand elles rentrent chez elles ? Pire encore : si on questionne, par exemple, des personnes qui ont un bon sommeil ou une bonne gestion de leur stress, elles n’ont généralement aucune idée de la façon dont ça fonctionne. Aussi, si un jour quelque chose dérègle leurs bonnes habitudes, elles ignorent comment s’adapter à la situation.

Je ne suis pas partisan d’un total contrôle de soi, ou de l’optimisation permanente que notre société nous vend parfois.  La course à la performance promue par le développement personnel m’a toujours repoussé… Mais ce que j’évoque ici relève d’une simple recherche de liberté : il me semble qu’un être humain devrait pouvoir choisir en toute simplicité l’état interne dans lequel il se trouve. Il devrait être capable de s’adapter en fonction de ses besoins et de la situation rencontrée. Ce que je constate, c’est que peu de personnes savent comment y parvenir.  Dans nos sociétés, si une personne a besoin d’un état qui lui échappe, elle cherchera non pas une solution intérieure mais une solution extérieure : c’est à ça que nous sommes conditionnés et je pense que c’est un terrain propice à la dépendance. Ça commence par un petit somnifère ou un calmant léger après une journée stressante ou avant un événement important par ces pilules qui boostent les capacités des étudiants ou encore un verre de vin pour se détendre ou se sentir plus à l’aise en société… Mais que se passe-t’il quand ces substituts deviennent un peu plus que du confort, quand ils apparaissent comme indispensables ?

se libérer des dépendancesSi nous avions une éducation aux états de conscience, nous serions capables d’analyser l’effet du somnifère, de le modéliser pour ensuite le reproduire et créer plus facilement le sommeil. Dans un tel cas, on se retrouverait dans une étape d’apprentissage normale. Cette forme d’éducation n’existe pas – pas encore ? –  mais l’hypnose rend possible un tel apprentissage.

 

A la recherche de l’état de « flow 

Je me souviens encore des deux expériences qui m’ont mené à réaliser l’étendue de ce potentiel, et qui ont conduit à ce qui est esquissé dans cette vidéo. Je travaillais alors avec un violoniste qui cherchait à atteindre le fameux état de «flow».  Cet état, longuement décrit par la psychologie positive, nommé aussi  « état optimal », peut s’apparenter à un état de forte inspiration, caractérisé par une puissante sensation de fluidité et d’évidence.

Ce musicien, d’une quarantaine d’année, était venu me voir pour tenter d’accéder plus facilement et surtout plus régulièrement à cet état. Comme souvent en hypnose, le travail commence par une collecte d’informations subjectives : je lui posais donc de nombreuses questions afin de l’aider à décrire avec précision l’état recherché. Tout le monde peut bien sur accéder à cet état, mais il semble prendre des caractéristiques uniques pour chaque personne : parfois il est riche de sensations, tandis que pour d’autres il semble être un état dissocié du corps et du ressenti. Il s’accompagne parfois d’un état de fusion avec le monde et l’environnement… et à d’autres moments il donne à ceux qui le vivent l’impression d’être dans une bulle, coupé du reste du monde.

Pour ce musicien, l’état obtenu s’apparentait énormément à ce qui est décrit par les personnes qui prenaient du lsd dans les années 60. J’ai retrouvé depuis, avec d’autres musiciens et artistes en général, des paramètres similaires.  Chose au final peu étonnante quand on sait qu’une grande partie des succès de ces années a été composée dans des états obtenus par ces substances, légales à l’époque…

Lui, le nommait « l’état de grâce » et le vivait sous une forme quasi mystique. Cet état lui arrivait parfois, sans crier gare, à n’importe quel moment de la journée… dans cet état, pour reprendre ses mots, sa musique était inspirée, les sons plus purs et son corps, en jouant, paraissait animé par une force extérieure. Quant à lui, il ressentait un état proche de l’extase.Sous hypnose, nous avons donc passé plusieurs séances pour ouvrir un chemin menant à cet état. J’emploie cette métaphore à dessein : j’avais vraiment l’impression d’avancer avec lui en territoire inconnu, dans la jungle de son inconscient, à chercher la piste menant à un lieu magique mais caché et secret.

La première fois, le «trajet » pris près de 2 heures. Il y avait de nombreuses résistances à dépasser : des croyances limitantes, des peurs du présent et des peurs anciennes…  Apparaissant sous forme d’obstacles ou de véritables monstruosités générés par son inconscient…  Mais une fois arrivé, il devient radicalement différent : apaisé, irradiant d’une joie intense et assez contagieuse.

De mémoire, nous nous vîmes 5 ou 6 fois, et à chaque fois il s’agissait de retourner vers cet endroit, avec plus d’aisance. A chaque séance, sa confiance grandissait, jusqu’au moment où il n’a plus eu besoin de moi pour y retourner. A la dernière séance, il me dit en arrivant qu’il avait pu retrouver cet état plusieurs fois au cours de la semaine écoulée, qu’il y allait désormais instinctivement, mais qu’il en ressortait après pour conserver un rapport normal avec le quotidien : il est vrai que dans cet état il semblait un peu décalé et béat.

Je crois que cette exploration fut aussi marquante pour lui que pour moi : elle m’a ouvert la porte à de nombreuses réflexions et fait avancer sur la quête de ces états de conscience absolus, tels que ceux décrits dans de nombreuses traditions de part de monde.

 

Au-delà de la substance

A la même époque, j’accompagnais avec un écrivain alcoolique. Ecrire sans sa bouteille de rhum était pour lui inimaginable. Tandis qu’il me racontait son addiction et son incapacité à obtenir son état créatif en restant sobre, le lien avec mon musicien est apparu comme une évidence : si j’avais pu aider ce violoniste à se recréer un ressenti digne d’un état de « high », je pouvais bien aider un écrivain à accéder à l’inspiration. La différence, c’est que lui savait trouver son état désiré : sa porte d’entrée personnelle était l’alcool. Pour ma part, j’étais persuadé que les mots feraient un guide tout aussi efficace.

Je prenais des rdv avec lui le matin, seule solution pour l’avoir dans un état de conscience ordinaire et bien entendu je me servais de son imagination, plus développée que la moyenne.J’usais de placebos : nous remplissions un verre d’eau qu’il buvait à petites gorgées en imaginant que c’était son rhum habituel. Dans un léger état d’hypnose, suffisant pour qu’il hallucine l’odeur et le goût de l’alcool, je lui demandais de décrire les effets que ce premier verre devait avoir sur son organisme et ses perceptions.J’attirais son attention sur les sensations de son corps pour amplifier le vécu. Sa mémoire de milles cuites l’aidait à me décrire le processus avec précision. Une heure plus tard, mon bonhomme était passablement soul, avait du mal à articuler et me disait avoir besoin d’une feuille et d’un crayon pour noter les idées qui commençaient à jaillir dans son esprit ouvert ! Je le laissais se concentrer quelques minutes à son art et constatait en effet qu’il semblait à l’aise pour créer dans cet état.

Je l’ai ensuite ramené à son état normal en défaisant ce que nous avions construit.Nous avons alors convenu que cet état pouvait se créer sans alcool. Même pour un écrivain, habitué à flirter avec l’imagination et conscient du pouvoir des mots, l’expérience était troublante. Redevenu sobre, sans effets secondaires, il n’avait qu’une envie : vérifier que ce n’était pas un coup de chance.

Plusieurs séances ont ensuite été nécessaires pour affiner ce travail : comme pour le violoniste, il s’agissait de baliser un chemin, un trajet mental, de l’aider à l’arpenter dans un sens et dans l’autre.Il faut ici prendre en compte un élément important : l’imagination est mouvante. Retrouver un état de conscience précis consiste en quelque sorte à se repérer dans une forêt dans laquelle tout est susceptible de se déplacer, sans logique apparente. Retrouver son chemin n’est pas de tout repos et les points de repère ne sont pas toujours évidents…
Une fois ce travail effectué, nous avions tous les deux envie d’aller un peu plus loin :  si son cerveau pouvait lui faire ressentir cet état, qu’est ce qui nous empêchait maintenant de l’améliorer ? Pourquoi ne pas créer un état qui contient les éléments recherchés dans l’état d’ébriété, en enlevant les aspects désagréables ? Pourquoi ne pas amplifier certaines caractéristiques utiles ? On dit souvent que notre inconscient n’a de limites que celle de notre imagination… alors l’exploration a continué, jusqu’à donner vie à un état bien plus intéressant que celui que le rhum était capable de générer.

Je suis resté en contact assez longtemps avec lui, ayant ensuite reçu plusieurs membres de sa famille en accompagnement. Un jour, il m’a dit avoir presque stoppé sa consommation d’alcool, mais sans l’avoir vraiment recherché : boire un verre dans un cadre amical lui était agréable, mais une fois seul il préférait jouer avec son inconscient par lui-même quand il avait besoin d’écrire ou en cas de stress. Il nommait ça ses « cuites oniriques » et se sentait évidemment en bien meilleure forme physique…

 

Quand l’homme apprivoisera le pouvoir des mots

hypnose et dépendanceJ’ai depuis utilisé cette méthode pour aider de nombreuses personnes. Bien entendu, elle n’est pas toujours suffisante ni efficace à tous les coups. Il faut aussi savoir que dans ces deux exemples, les échanges avec ces personnes incluaient un certain travail sur leur identité ainsi qu’une prise en compte des bénéfices secondaires liés aux problématiques rencontrées. Dans d’autres cas, il est important d’explorer les conséquences systémiques : familiales bien entendu, mais aussi professionnelles, et bien d’autres choses encore…

Mais on peut tirer deux idées de ce travail :

  • La première est qu’en cas d’addiction, l’effet recherché par la substance quelle qu’elle soit, peut être obtenu et amélioré par notre cerveau. Parvenir à ce résultat peut considérablement aider à libérer une personne.
  • La seconde est que dans bien des cas, les substances utilisées – légales ou non – le sont pour atteindre certains états de conscience. Cette recherche est au fond saine et normale chez l’homme…  Mais dans notre société très peu d’occasions permettent de l’effectuer en sécurité et de façon constructive. Si la méditation ou le yoga – et bien sur l’hypnose – commencent à être à la mode, ce n’est toutefois que de façon très limitée dans les applications et dans la recherche… et réservé à une infime part de la population.

Je suis persuadé qu’avec une meilleure pédagogie des états de conscience, les comportements addictifs seraient bien moins fréquents, y compris chez les adolescents. Tout le monde aurait ainsi la possibilité d’explorer de nouvelles possibilités intérieures, de développer régulièrement de nouvelles capacités. Dans les cas exposés ici, il s’agissait de recherches autour de l’inspiration et de la créativité. Dans la séance vidéo le besoin était celui d’un simple -mais important – état de bien-être… Les recherches sont multiples et variées.

Imaginez ce que serait une société où tout le monde est initié à l’exploration des états de conscience et puisse explorer dès le plus jeune âge son immensité inconsciente ?

Kévin FINEL

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Une main se lève…

Elle me parle cette voix. Les mots semblent avoir un poids, une force. Les mots s’infiltrent,  comme s’ils allaient un peu plus loin que des mots ordinaires, comme s’ils voulaient atteindre une part de moi qui n’est pas habituée à être attentive à des mots. Ils me bercent ces mots, et je tangue.

Je me suis posé des questions avant cette séance. Ce sont des questions bien ordinaires, quand on ne sait pas. C’est qu’il n’est pas simple ce mot,  hypnose : il en contient des questions, pour un si petit mot. Elles débordent de lui ces questions, elles l’entourent, elles le rendent difficile à lire. Il est entouré de brouillard ce mot.

lévitation de mainMaintenant, c’est moi qui suis dans le brouillard. Quelque chose m’échappe. Je le sens, mais je ne sais pas le dire avec précision. On dirait l’un de ces moments, le matin, où on connait le rêve que l’on vient de vivre, mais où on ne peut déjà plus le formuler. Vous savez : les mots ne collent plus au rêve, ils glissent, ils se détachent, on les perd…  alors les images s’éloignent et s’effacent. Quand les mots ne peuvent plus atteindre les rêves, les organiser en pensées, ils disparaissent. On s’éveille, et le brouillard avale les rivages du rêve.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais au juste. Je m’attendais à quelque chose pourtant en allant faire cette séance. J’ai lui ait dit, à l’hypnotiseur, que je voulais tester, juste tester. Il m’a regardé avec un air entendu. L’air de quelqu’un qui a déjà entendu ça mille fois. Il a été poli : il a fait comme si c’était pour la première fois.

On s’est parlé un peu. On a parlé de moi je crois. Je ne suis pas certain d’avoir vraiment dit quelque chose d’important avec le recul. C’est que c’est quelque chose de parler de soi, comme çà, à un inconnu…  Alors ça a été presque un soulagement quand il m’a demandé de fermer les yeux. Enfin, je crois qu’il me l’a demandé. Ça m’a semblé être la chose à faire, sur le coup, de fermer les yeux. Pour l’écouter, pour me laisser conduire par cette voix, par ses mots.

lévitation de mainEt là, dans ce brouillard, ma main se soulève. C’est une chose étrange qu’une main qui se lève, quand elle le fait toute seule, je peux vous le dire ! D’habitude c’est moi qui la soulève, qui la bouge. Mais là, elle le fait sans moi. Et ce n’est pas un mouvement réflexe. Je sais ce que c’est un mouvement réflexe : on a la sensation que notre corps pense plus vite que nous, qu’il sait ce qu’il a à faire. Je sais aussi que mon corps sait faire des mouvements, comme ceux de la respiration par exemple, pendant que je suis occupé à d’autres choses. Je n’y pense pas à tous ces mouvements. Personne n’y pense : ils sont ordinaires, communs, connus…  Mais là, c’est autre chose. Elle se lève autrement cette main : elle se lève et elle semble avoir quelque chose à faire.  Elle se lève, car les mots, avec tout leur poids, le lui demandent. Cette main, qui m’est si familière, elle bouge par les mots et pas par moi. Son mouvement n’est pas le mien. Et puis – je le sais- je n’aurais pas bougé ma main comme ça moi.

Et, puisque ce n’est pas « je » qui lève la main, c’est qu’il y autre chose en moi que la partie qui dit « je ». Il y autre chose en moi que cette partie qui pense ces mots…  et cet autre chose, là, pendant que j’ai les yeux fermés, est en train de bouger ma main. C’est perturbant, dérangeant, mais je crois que je le savais. Je crois que je m’en souviens.

Est-ce ça l’hypnose ? La découverte de cette autre chose ? La découverte qu’on est plusieurs à l’intérieur ?  Est-ce ça, un hypnotiseur ? Quelqu’un qui sait parler à cette partie de nous ? Qui sait la trouver quand elle est inaccessible pour nous ?

Il dit, l’hypnotiseur, que la main va venir toucher mon visage. Elle l’écoute ! Elle infléchit son mouvement. Elle me semble joyeuse ma main, ce qui est une idée bien étrange quand on y songe. Elle emporte mon bras dans un lent mouvement, et j’ai le temps de le penser venir jusqu’au visage. J’entends la voix, elle dit : « Vous comprenez maintenant que les mots peuvent agir sur vous, sur votre corps, sur votre monde, n’est-ce pas ? Ceci transforme votre réalité ordinaire et le lien que vous entretenez avec elle… alors le doute apparaît…  »

Ce ne sont que des mots, mais ils façonnent ma réalité. Ils agissent, ils remuent. Ils fissurent ce que je croyais être moi, l’unité à laquelle je m’attachais. Cette main, elle touche mon visage. Elle le découvre.  Il y a quelque chose d’incertain en moi. Ce que je suis redevient incertain… et c’est une sensation bien agréable. Que c’est bon de douter, de ne plus être prisonnier de la certitude ! Je pensais être « un ». Mais je suis deux, et sans doute plus encore…

La main touche le visage. Il est étrange ce contact. Est-ce bien moi que je touche ?  Je ne sais pas si l’autre est le visage, ou si l’autre est la main. Je suis l’un ou l’autre, mais je ne sais pas lequel.

Ce geste, si lent, il me raconte quelque chose. Il me parle de toutes les fois où mon corps a tenté de me dire quelque chose. Il me parle de toutes ces parts de moi que j’ai censurées. Il me parle des autres facettes de moi que j’ai oubliées.

La main touche un visage. Ce visage est un masque. La main est une marionnette. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Je ne suis pas la partie qui dit «je » : elle n’est qu’une toute petite partie, au fond. Comment ai-je pu croire qu’elle était la totalité ?

Un silence. Intérieur, extérieur. Une sensation de paix.  Je sens que j’apprends et que je change. Un nœud se défait en moi. C’est apaisant. C’était si simple en fait…

Je me souviens maintenant pourquoi je suis venu faire cette séance. Je me souviens de ce que je n’ai pas dit à l’hypnotiseur. Je n’aurais pas pu le dire de toute façon, je ne m’en souvenais pas avant cet instant. Comment ais-je fait pour oublier ?

C’est si simple. Je veux m’en souvenir après cette séance !

La main redescend. Ce mouvement, me semble plus proche. C’est ma main et je me l’approprie à nouveau. Le brouillard se dissipe. Ma main se pose et mon corps se réveille. Ce n’est peut-être pas le bon mot : réveil.

Je remonte. Est-ce bien l’hypnose qui a fait bouger ma main ? Ou ai-je fait semblant ? Il y a quelque chose dont je voulais me souvenir. C’était important non ?

La voix disparaît dans un murmure. Elle était agréable cette voix.

J’ouvre les yeux. Je me sens bien. Je suis là. Ai-je vraiment été hypnotisé ?

C’est étrange : le mot réveil ne me semble pas convenir. J’ai plutôt l’impression, à l’inverse, que c’est maintenant que je m’endors.  J’ai l’impression de retourner dans un vieux songe…

Mais quelque chose a changé. Dans mes pensées, dans mon regard, dans ma respiration, il y a quelque chose de différent.

Et puis d’un coup, dans cette réalité, je me souviens…

 

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Régression hypnotique http://kevin-finel.fr/regression-hypnotique/ http://kevin-finel.fr/regression-hypnotique/#comments Sat, 04 Feb 2017 10:53:54 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=709 Régressions hypnotiques      Je postais il y a quelques jours sur Facebook un message pour dire ma passion pour la régression hypnotique. Cette technique, dont le but est de faire remonter une personne hypnotisée dans le temps, permet d’accomplir d’extraordinaires voyages intérieurs et ouvre la porte à de multiples possibilités de travail personnel. J’oubliais toutefois [...]

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Régressions hypnotiques 

 

 

Je postais il y a quelques jours sur Facebook un message pour dire ma passion pour la régression hypnotique. Cette technique, dont le but est de faire remonter une personne hypnotisée dans le temps, permet d’accomplir d’extraordinaires voyages intérieurs et ouvre la porte à de multiples possibilités de travail personnel.
J’oubliais toutefois dans mon enthousiasme à quel point cette technique est aussi le lieu de fantasmes, de peurs ou d’incompréhensions : de nombreux commentaires posaient ainsi des questions sur la méthode employée, ses possibilités et ses limites… Certains témoignages évoquaient même des régressions peu éthiques, loin de celles qui permettent, lorsqu’elles sont bien menées, une si belle ouverture à soi.
En lisant ces commentaires, l’envie m’est venue d’écrire ces quelques lignes : pour parler de la régression hypnotique, l’expliquer, et aussi briser quelques mythes. Et puis, surtout, j’aimerais ouvrir la porte à ceux qui pourraient avoir un jour envie de partir en voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, de visiter l’histoire de leur construction personnelle.

C’est quoi, une régression hypnotique ?

régression hypotique

Comme beaucoup de personnes, j’imagine qu’il vous arrive parfois, au gré d’un moment de nostalgie ou d’une simple envie de flâner dans le temps, d’ouvrir votre mémoire pour remonter dans un vécu plus ou moins ancien. Comme beaucoup de personnes, vous retrouvez à ces occasions des images, des sonorités… des paroles échangées, la vibration d’un lieu, l’odeur d’un parfum… Bien-sûr, il arrive aussi, parfois, que des souvenirs surgissent d’eux-mêmes : un visage nous rappelle une époque oubliée, une photo nous fait voyager dans l’enfance… un nom, un ton de voix, une musique… Une association d’idées est vite arrivée ! La pensée s’engouffre en un instant dans le flot du temps et nous entraîne dans son sillage.
Mais tout cela se passe dans un état de conscience proche de l’ordinaire : une simple introspection, volontaire ou non, permet ce voyage fugace et superficiel.
Imaginez maintenant ce qui devient possible dans un état hypnotique. Dans cet état, une pensée est plus qu’une pensée ordinaire. L’accès au souvenir est meilleur. L’accès aux mémoires sensorielles aussi : il y a un monde entre se souvenir d’une odeur, et la sentir réellement à nouveau. Un gouffre entre visualiser un visage de notre enfance, et être là, en face de cette personne : pouvoir l’entendre, lui parler, pouvoir la toucher.
Une fois la conscience ordinaire écartée, de nombreuses ressources deviennent disponibles. Mais cela peut aller encore plus loin…

Différents types de régressions

On distingue généralement les régressions hypnotiques « dissociées » dans lesquelles le sujet est conduit dans un état d’hypnose relativement léger. Dans cet état, il replonge dans sa mémoire avec plus de facilité, retrouve des souvenirs anciens et des impressions oubliées. Déjà, il est capable d’un voyage qui ouvre à de nombreuses possibilités de compréhensions, de prises de conscience, de découvertes…
Il y a les régressions hypnotiques dans des états  plus profonds. Elles permettent de retrouver une sensorialité élargie, de remonter plus encore dans le temps : la pensée habituelle s’efface pour laisser place à une pensée plus instinctive, émotionnelle, qui ouvre de nombreuses portes intérieures…
Et puis, il existe les régressions hypnotiques « associées ». Ici, l’expérience est complète : si la personne hypnotisée a 40 ans, quelques minutes après elle n’en a plus que 20, 10 ou 5. Parfois moins. Arrivée là, si elle ouvre les yeux, elle ne reconnaîtra le lieu où elle est, ni la personne qui l’accompagne. Elle est ailleurs, elle y est vraiment. 40 ans ? C’est un futur ! De la science-fiction. On ne se pose pas cette question à 5 ans ! On a d’autres choses à raconter à 5 ans. Bientôt, ce sera 5 ans et demie… mais même ça, c’est loin. Il y a un monde à découvrir d’ici là !
C’est ici que la régression devient merveilleuse… Quand, capable de replier le temps, une personne replonge réellement dans le passé. Le passé devient alors présent et le présent un futur. Les souvenirs de ce futur ne sont temporairement plus accessibles à la conscience. Ils sont temporairement enfouis, mis de côté, « censurés ». Et ce présent devient la totalité. Sensoriellement, émotionnellement, il devient la seule réalité tangible. Comme nous allons le voir ensuite, cette réalité est même susceptible d’en influencer une autre : de réécrire l’avenir…
La première chose qui m’étonne dans ce genre d’expériences, c’est la capacité qu’a notre esprit à accomplir de telles prouesses. N’est-ce pas saisissant ? Cela fait partie de ces expériences qui me font dire que nous dormons quotidiennement sur une mine de possibilités : en comparaison, la pensée et l’imagination du quotidien font pâle figure. Cela revient à comparer la charrette à bras à un lanceur de la N.A.S.A. ; les graphismes minimalistes du premier « Pong », à la réalité virtuelle en haute résolution ! Nous avons développé des sondes capables d’explorer jusqu’aux confins du système solaire, mais pour ce qui est du développement de nos possibilités internes, nous en sommes à l’âge de pierre.
Pourtant, s’il est déjà extrêmement plaisant de revivre « comme pour la première fois » des moments forts de notre existence (notre naissance, un coup de foudre amoureux, un moment de bonheur…), c’est le travail interne permis par la régression qui est, de loin, le plus passionnant : explorer le passé, c’est l’occasion de travailler sur sa construction personnelle, sur son évolution, d’explorer la genèse des limites apprises, des conditionnements ou encore des peurs qui nous habitent… et peut-être est-ce l’occasion de les transmuter. 

Brisons quelques mythes !

Comme le dit avec humour Gustave Parking, « les grands mythes on fait de grands trous dans l’histoire ». Et s’il y a bien un sujet qui charrie des mythes qui lui nuise, c’est bien l’hypnose.  Pour la régression, ils sont nombreux : tordons le cou aux principaux !

On peut retrouver des souvenirs enfouis, et être certain de leur véracité

Faux. Si on constate que le simple fait d’être en hypnose nous permet d’accéder à une mémoire étendue et à des détails autrement inaccessibles, il n’est jamais certain que ces souvenirs retrouvés soient totalement exacts.
Tout d’abord, et contrairement à ce que l’on croit généralement, il est extrêmement facile de créer ou de se créer de faux souvenirs, même sans hypnose. De nombreuses personnes ont exploré cette question… et les résultats sont pour le moins effrayants : par exemple, il a été constaté dans le cadre d’enquêtes policières, que 30% des personnes innocentées par des examens ADN avaient pourtant avoué… des crimes qu’elles n’avaient pas commis.

Sans rentrer ici dans les détails, notre mémoire semble se reconstruire à chaque fois qu’on fait appel à elle et de nombreux biais peuvent l’influencer. Parmi eux, nos émotions, nos croyances, notre besoin de cohérence forment de véritables miroirs déformants. Et cela se passe dans un état ordinaire de conscience. Mais, ajoutez à cela un état hypnotique et vous amplifiez ces biais et autres déformations : dans ces états, l’accès à l’imaginaire est largement facilité et la pensée logique mise de côté. [1] [2]
Ainsi, si je pars dans mon passé en espérant y trouver quelque chose, je risque autant de le retrouver que de le créer. Dans ce cas, mon besoin de cohérence peut pousser mon imagination à créer un souvenir qui me semblera logique. Et bien entendu, si j’ai peur de trouver quelque chose, je me fais aussi une suggestion qui peut amener à construire ce que je fuis.
On pourrait en déduire un théorème : l’inconscient est prêt à nous créer un faux souvenir, si nous espérons qu’il existe, ou si nous avons peur qu’il existe.
Bien sûr, à côté de cela, il existe aussi des exemples étonnants de personnes capables de remontrer des informations vérifiables et extrêmement précises de souvenirs très anciens. De telles prouesses ouvrent la porte à une possible hypermnésie sous hypnose. Mais aucun moyen permet de discerner à coup sûr le vrai du faux, le concret du fantasmé.
Maintenant, est-ce un problème ? Non : on n’accompagne pas une personne en régression pour trouver une vérité ou pour mener une enquête. Un praticien en hypnose, qui a une éthique solide, refusera même catégoriquement une demande de vérité ! [3]
Une régression est proposée comme on le verra plus tard, pour explorer notre construction subjective et non la réalité objective.

Il faut revivre un traumatisme pour s’en libérer

Comme beaucoup, j’ai été bercé par ces histoires étranges : d’aucuns racontent qu’en retrouvant l’origine d’une problématique on s’en libérerait. Que la catharsis serait l’élément clef de tout accompagnement thérapeutique…
A cela je répondrai que j’ai reçu en consultation des centaines de personnes qui avaient eu accès à des remémorations de souvenirs traumatiques dans d’autres formes d’accompagnement. Invariablement leur discours était le même et elles sont venues me voir en me disant que ça n’avait rien changé. Pire même : certaines de ces personnes – et ce n’est pas rare – se sentaient encore plus mal après que l’amnésie qui les protégeait ait été levée. Combiné à l’idée précédente, on peut même se demander si dans le lot certains ne souffraient pas à cause de souvenirs créés de toute pièce par les suggestions d’un praticien peu au fait du problème des faux souvenirs… mais cherchant à tout prix une explication, une raison, un souvenir refoulé, pour justifier des problématiques présentes.
Ces personnes souffraient donc d’une plus grande proximité avec l’objet de leurs angoisses et de leurs peurs. Faire revivre un traumatisme, sauf à vouloir nuire à quelqu’un, s’avère être une bien mauvaise idée.
Et surtout, ce n’est pas du tout l’objet d’une régression en hypnose.

Tout se joue dans la petite enfance.

Non, là encore, ce sont de simples superstitions qui amènent à ce genre d’idée. Bien entendu, l’enfance et la petite enfance sont des moments importants de notre vie, mais une régression n’a pas toujours pour but d’aller aussi loin. Ramener quelqu’un aux premiers moments de sa vie est une chose impressionnante, une expérience marquante, et je suis persuadé que toute personne devrait la vivre au moins une fois. Toutefois, un excellent travail peut être accompli en remontant quelques années en arrière avec un sujet sous hypnose. Remonter à la racine, à l’intention première, n’est pas indispensable.
Mais alors, s’il ne s’agit pas de retrouver des traumatismes et de les revivre, si ce n’est pas toujours une régression dans la petite enfance, et si on n’est pas certain de la véracité de ce que l’on retrouve, pourquoi donc faire une régression ? A quoi sert donc cette technique ?
Peut-être, tout simplement, à explorer autrement le présent…

La régression hypnotique : retrouver l’enfant en nous

Clara a 30 ans, elle est venue me consulter pour des angoisses qui semblent être présentes, sans raison apparente ou connue : « depuis toujours ». Elles prennent de la place ces angoisses, de l’énergie aussi. Elles lui donnent la sensation de ne pas pouvoir avoir confiance en elle et encore moins en la vie. Elle se décrit comme « éteinte » et « rongée ». Ces angoisses prenant parfois la sensation d’un nœud dans sa poitrine, parfois celle d’un vide, d’une absence…
Elle parle peu et semble intimidée à l’idée de l’hypnose… mais est-ce par l’hypnose que les personnes sont intimidées, ou par l’idée de l’inconnu que l’on peut découvrir en entrant à l’intérieur de soi ? Comme beaucoup de personnes que j’ai pu croiser, elle a tenté de nombreuses solutions pour travailler sur elle et elle semble épuisée. Elle vient pour tenter quelque chose de nouveau, avec un peu d’espoir, au cas où… mais pas trop : « vous comprenez, j’ai peur d’être déçue… »
Rapidement, je lui propose une petite expérience pour modifier son état de conscience. Quelque chose de léger, pour commencer. L’idée d’y aller doucement semble la rassurer… et à peine les yeux fermés, elle s’abandonne, totalement, comme si se laisser guider était un soulagement…

Pourquoi avoir choisi d’aller vers une régression hypnotique avec Clara ? Il serait long d’expliquer ici en détail les raisons qui font que l’on choisit une approche plutôt qu’une autre pour accompagner quelqu’un : les facteurs de décisions sont multiples. mais, pour répondre à une question que l’on me pose parfois, ce n’est pas le client qui dit « je veux une régression ». On parle, on échange, et de là le praticien choisit ses outils et sa stratégie (Peut-être que ce thème fera l’objet d’un futur article ici).
Au fil des mots, l’état d’hypnose s’approfondit. Minute après minute un nouvel état de conscience prend naissance : dans celui-ci, la réalité est malléable. Un peu comme un forgeron qui porte son métal à haute température pour pouvoir le travailler, l’hypnotiseur chauffe l’esprit de son sujet pour le faire passer de la rigidité des conditionnements à la fluidité et la plasticité d’une liberté intérieure.
Puis, vient le moment de remonter dans le temps : je lui propose de retourner, progressivement, vers une époque de sa vie où cette angoisse n’existait pas encore.
Elle a 4 ans. Son visage n’exprime plus le poids des ans, une innocence s’y dessine. Elle me dit quelques mots, des mots simples ; prononcés avec une voix d’enfant. Elle semble joyeuse. Elle semble attendre quelque chose. Je lui demande de prendre du recul, de se regarder depuis l’extérieur. De se regarder avec tout son esprit. régression hypnotique

Elle a 30 ans. Elle observe une ancienne version d’elle-même qui a 4 ans. Une émotion monte, des larmes. « Je sais où elle est : chez mes grand parents. Ce jour, c’est le dernier où elle…. où je verrais mon grand-père. Je l’aimais si fort… ». D’autres émotions, plus fortes encore, remontent à la surface. A cet instant, elle sait ce que cette petite fille va vivre, ce qu’elle va éprouver : elle connait son avenir puisque c’est son passé. Ce jour est celui d’une première rencontre avec la mort, avec le vide et l’absence. Elle sait aussi une chose, importante et même déterminante : elle sait ce que cette ancienne elle-même, à 4 ans, n’a pas pu dire. Elle sait ce qu’elle aurait aimé entendre aussi et qu’on ne lui a pas dit. Il y a l’événement en lui-même et il y a la façon dont il a été traversé. Alors je lui suggère d’aller la rencontrer, dans ce moment ou tout va bien, ce calme avant la tempête. Elle s’approche. Un contact. Elle lui/se parle, lui/se prend la main. Elle lui murmure quelques mots… lui donne ce qu’elle-même n’a pas eu. Elle soigne par avance cette petite fille qu’elle connait si bien : elle prépare sa résilience. Elle trouve les mots justes, le bon regard, la bonne intention…

Je lui suggère de laisser passer quelques jours : le temps avance. Elle voit cette ancienne Clara, cette fois dans le chagrin. Elle va la voir à nouveau, et là aussi elle trouve les mots…la prend dans ses bras et l’autorise à se libérer de l’angoisse naissante. Elle rassure, console et comprend.
Je lui suggère de laisser passer quelques jours encore. Une autre rencontre, d’autres émotions… mais cette fois, la petite fille qu’elle voit est légèrement différente de celle qu’elle-même a été : elle a pris une autre direction. Quelques mots, des émotions partagées, une attention, un contact… c’est si peu de choses en apparence ! Mais le passé se réécrit à partir de ce décalage minime.
Elle sent cette différence. Elle sent que cette ancienne version d’elle-même a pris un chemin nouveau. Mais quel est l’écho de ce changement à travers le temps ? Je lui propose d’abandonner le présent, de devenir cette Clara de 4 ans, et de cheminer à partir d’elle vers l’avenir.
Elle a 4 ans, et elle sourit. Elle me dit quelques mots avec sa voix d’enfant. Quelque chose est différent dans son regard : un éclat, une maturité aussi… une liberté, une légèreté.
Le temps avance, le futur se précipite à nouveau… les années défilent et nous revenons au présent partagé.
A l’intérieur de Clara, il y avait toujours eu une petite fille de 4 ans qui n’avait pas pu apaiser son angoisse. Désormais, cette partie d’elle a grandi elle aussi.
Elle ouvre les yeux, l’éclat est là. Son sourire, lui aussi, témoigne du changement intérieur. Elle porte la main à sa poitrine, comme si elle cherchait quelque chose…. « il n’y a plus de vide, c’est plein ». Elle émerge. On ne revient pas à soi après une séance d’hypnose, tout comme on ne revient pas tout à fait d’un voyage : dans les deux cas, celui qui revient n’est pas tout à fait celui qui est parti. Pour elle, ce présent est différent. Son corps l’est aussi : il est libéré du poids du passé.

Le passé évolue, lui aussi…

“La conception que tout individu a du monde est et reste toujours une construction de son esprit, et on ne peut jamais prouver qu’elle ait une quelconque autre existence.” Erwin Schrödinger, L’esprit et la Matière.

La régression hypnotique ne se cantonne pas à la technique présentée dans ce cas : on peut aussi l’utiliser pour retrouver des capacités anciennes, se reconnecter à de vieux apprentissages et pour bien d’autres choses encore … l’outil est vaste et cet article ne prétend pas faire l’inventaire de ses possibilités.

L’idée est en tout cas de travailler sur notre construction personnelle. Nous nous racontons une histoire sur nous-mêmes, et cette histoire, nous l’appelons le passé. Cette histoire n’est pas objective, elle est mouvante et à la lumière d’une nouvelle information il nous arrive de la transformer.  Parfois, en cheminant à travers les âges, en avançant dans notre vie, nous vivons un événement qui nous marque profondément, qui nous blesse et nous déstabilise. Nous n’avons ni les outils, ni les connaissances, ni le recul pour le gérer. Alors nous continuons à avancer en laissant une partie de nous en arrière, engluée dans le passé.
Puis, en suivant notre chemin, nous prenons de l’expérience, de la force, de la sagesse et bien d’autres qualités encore.
Ainsi transformés, nous pourrions retourner en arrière et libérer cette partie que nous avons abandonnée sur le chemin… mais peut-être l’avons-nous oubliée ? Peut-être n’avons-nous pas l’idée d’aller la chercher ? Peut-être ne savons-nous pas que c’est possible… et peut-être, tout simplement, que notre état de conscience ordinaire ne nous permet pas de retourner là où elle nous attend depuis si longtemps.

En hypnose, il est possible de se souvenir, de revenir. De donner, de réparer et de faire grandir.
Beaucoup de personnes ont abandonné des parties d’elles-mêmes sur leur chemin…
Elles sont toujours là, à les attendre.
Il suffit de fermer les yeux…
Kevin FINEL
1 : http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0956797614562862

2  Loftus, E. F. 2005. “Planting misinformation in the human mind : A 30 year investigation of the malleability of memory”.

3 : http://www.prevensectes.com/psycho2.htm

 

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Reprise … http://kevin-finel.fr/reprise/ http://kevin-finel.fr/reprise/#comments Thu, 02 Feb 2017 10:20:23 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=701 Je n’ai pas écrit sur ce blog pendant plus d’un an.. Ecriture et lancement d’une pièce de théâtre sur l’hypnose, , développement de notre centre de recherche…  et quelques projets qui se sont ajoutés dessus ont fait de 2016 une année un peu chargée… ce qui m’a amené à délaisser l’écriture. Il est temps de [...]

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kevin finel hypnoseJe n’ai pas écrit sur ce blog pendant plus d’un an..

Ecriture et lancement d’une pièce de théâtre sur l’hypnose, , développement de notre centre de recherche…  et quelques projets qui se sont ajoutés dessus ont fait de 2016 une année un peu chargée… ce qui m’a amené à délaisser l’écriture.

Il est temps de revenir ici ! Il est temps de dépoussiérer un peu les lieux,  de recommencer à partager  : sur l’hypnose, sur l’humain, sur l’exploration de l’inconscient et bien d’autres sujets encore.
Les articles vont donc reprendre, mais je pense aussi à d’autres possibilités  : j’ai envie de vous proposer des exercices d’auto-hypnose, de vous parler de projets en cours, de réflexions, de témoignages…   et d’être aussi à l’écoute de vos envies et de vos interrogations : un  récent échange sur facebook au sujet des régressions hypnotiques m’a par exemple permis de percevoir à quel point certaines techniques d’hypnose étaient méconnues et mal comprises : le prochain article de ce blog portera justement sur ce thème !
Vous êtes partant ?  Le rideau s’ouvre…

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Quelques souhaits hypnotiques : revenons vers Hypnos http://kevin-finel.fr/quelques-souhaits-hypnotiques-revenons-vers-hypnos/ http://kevin-finel.fr/quelques-souhaits-hypnotiques-revenons-vers-hypnos/#comments Sat, 09 Jan 2016 09:19:35 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=674   Je relisais il y a peu les « feuillets d’hypnos», de René Char. La référence au dieu Grec me plait : pendant la 2e guerre mondiale, résistant actif, le poète se surnomme hypnos : celui qui veille sur le peuple qui dort. Il est le gardien de la nuit, qui reste réveillé quand le monde est [...]

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Je relisais il y a peu les « feuillets d’hypnos», de René Char. La référence au dieu Grec me plait : pendant la 2e guerre mondiale, résistant actif, le poète se surnomme hypnos : celui qui veille sur le peuple qui dort. Il est le gardien de la nuit, qui reste réveillé quand le monde est endormi.

Il fallait sans doute un poète pour se rappeler le rôle de ce dieu ancien et par là-même, la signification première de notre pratique / métier / passion.

Nous ne tirons pas notre nom de Morphée, qui endort les mortels et dirige leurs rêves : la morphine, si elle est souvent utile, n’est sans doute pas le meilleur vecteur d’un éveil de la conscience…

Nous tirons notre nom de son père, Hypnos. Le dieu qui pouvait endormir les dieux, et Zeus lui-même !

Il le fait lors du siège de Troie : Zeus s’oppose à ce que les autres dieux aident les Grecs, Hypnos l’endort alors pour leur permettre d’intervenir pendant son sommeil.

J’y vois une belle métaphore de notre métier : lorsque nous hypnotisons quelqu’un, nous ne cherchons pas à endormir son être afin de le reprogrammer, comme le veut la croyance populaire. Non, nous cherchons plutôt à passer au-delà de la partie qui contrôle l’ordre établi, pour permettre à d’autres ressources, à d’autres possibles de s’exprimer.

Mon souhait, pour cette année, est qu’une pratique de l’hypnose qui va dans ce sens puisse se (re)développer. Une hypnose éthique, esthétique, poétique. Une hypnose utile surtout, et bénéfique.

Encore faut-il que les praticiens en hypnose puissent exprimer leurs talents sans embûches !

Et éviter les dangers qui pointent à l’horizon :

– Que l’hypnose soit récupérée par une profession unique. Certains médecins – très peu heureusement, mais on les entend ! – aimeraient aller dans cette direction, ceux-là même qui nient que l’hypnose est un art à part entière et que sa pratique consiste en un métier indépendant. Ceux qui pensent que seuls ceux qui ont le droit de soigner peuvent hypnotiser.

Confisquer cette pratique, pour une profession ou pour une autre, serait la réduire à une fraction de ce qu’elle est.

L’hypnose est une technique de communication : avec soi, avec les autres et avec le monde.

Elle peut être utile à la médecine, elle peut être utile à l’enseignement, au coaching, au management, à la négociation, à la performance, à la création artistique et à mille autres métiers.

Mais n’est-elle pas une matière indépendante ?

Elle est comme les mathématiques : utile en des endroits multiples, mais rattachée à aucun en particulier.

Je souhaite que nous développions ces différentes facettes pour que personne, jamais, ne puisse l’enfermer.

 

– Le spectacle, qui donne une image déformée et parfois effrayante.

L’hypnose peut être un bel outil de spectacle ! Mais parfois, le besoin de sensationnel et d’audience la fait aller vers le facile, le superficiel, et même le sordide.

Il est possible de proposer des numéros qui montrent l’hypnose sous un jour positif, même en étant dans le spectaculaire.

Il est possible de créer des spectacles hypnotiques qui éveillent la curiosité, l’attrait vers les « profondeurs » de notre être.

Je souhaite que les hypnotiseurs de spectacles pensent à tous leurs confrères accompagnants, qui utilisent cet outil au service des autres.

 

– Les guerres de chapelle, qui décrédibilisent la pratique.

Je ne pense pas être le seul à être lassé des conflits entre écoles et courants de pensée. Que d’énergie perdue dans des débats interminables qui, au fond, reposent plus sur des considérations mercantiles que sur de véritables convictions professionnelles.

Je souhaite que chacun fasse au mieux, travaille, cherche, publie, pratique…

Je souhaite que les écoles d’hypnose communiquent entre elles, travaillent à renforcer la qualité des praticiens, tout en conservant et même en développant leurs spécificités et particularités. 

 

– Enfin, je pense qu’il est temps de faire émerger notre discipline en lui donnant un fondement théorique propre, en l’émancipant des termes et définitions Freudienne pour lui créer son propre vocabulaire, ses propres définitions. Les linguistes le savent : on pense avec les mots qu’on nous donne. Il est difficile de penser nouveau avec des mots usés, connotés.

Je souhaite que l’on sorte progressivement des termes « conscient » et « inconscient » et de la prison conceptuelle qu’ils nous ont créée.

Parlons de la subjectivité et de ses modifications. Parlons des différentes formes de suggestibilité. Parlons des hypnoses au pluriel et non d’un état unique et identifié qui sera – à raison – toujours soumis à controverse.  (Pour cela nous avons créé les cours d’hypnologie et c’est une porte ouverte vers la recherche, et de nouvelles pensées.)

Tout cela pourrait nous rapprocher des racines de l’hypnose…

Je vous souhaite, à tous, une année merveilleuse. Inspirante. Hypnotique.

Kévin Finel

 

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Regard d’hypnotiseur http://kevin-finel.fr/regard-dhypnotiseur/ http://kevin-finel.fr/regard-dhypnotiseur/#comments Tue, 07 Apr 2015 13:42:45 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=654          Une profession sculpte et influence notre regard. Un cordonnier repérera en un coup d’œil la qualité des chaussures portées par ceux qu’il croise. Un ostéopathe observera les zones de tension d’un corps en mouvement et un psychanalyste discerne les névroses de ses interlocuteurs au détour d’une simple conversation au sujet de [...]

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         Une profession sculpte et influence notre regard. Un cordonnier repérera en un coup d’œil la qualité des chaussures portées par ceux qu’il croise. Un ostéopathe observera les zones de tension d’un corps en mouvement et un psychanalyste discerne les névroses de ses interlocuteurs au détour d’une simple conversation au sujet de la pluie et du beau temps. L’hypnose m’a appris à regarder les états de consciences et leur mouvement permanent.

     Images, sons, sensations, odeurs… Le monde nous soumet à un flux incessant de suggestions qui viennent percuter notre être, l’influencent et le façonnent. Nos sens captent et notre cerveau assimile ces suggestions   avec une vélocité qui dépasse notre entendement et qui se passe de notre décision, de notre autorisation. Depuis le premier instant de notre vie, ce matériel sensoriel nous a permis de comprendre le monde et d’interagir avec lui…

     Quand l’œil s’habitue à déceler l’impact de ces suggestions, apparait une danse fascinante, onirique et subtile. Une danse permanente, entre chaque identité et cette expérience sensorielle du monde. Presque une lutte, entre le chaos formé par la densité d’informations que le monde nous envoie et quelque chose en nous qui, inlassablement, tente d’organiser et de créer une cohérence.

Le résultat est un assemblage particulier, une configuration unique. Une œuvre subtile et changeante   : la naissance d’une subjectivité, d’une identité.

Tout commence par un regard…  L’œil s’exerce pour pouvoir observer le mouvement des suggestions.

     Au début, c’est le monde tel que nous le connaissons, tel que nous nous voyons. Mais nous pouvons nous souvenir que tout cela n’est qu’un amas d’informations, de suggestions. Nous pouvons nous souvenir que nos yeux ne sont que des capteurs et que c’est notre cerveau qui assemble l’image qui lui est transférée. Il nous en offre alors un assemblage, une représentation.

Ces suggestions forment la trame du monde, elles en sont le langage. Elles suivent leur propre rythme, leur propre évolution jusqu’à ce qu’elles rencontrent une identité capable de les capter et de les transformer…

Le regard d’un hypnotiseur apprend à suivre le trajet des suggestions, à observer le lieu où elles convergent.

     Tout comme une pluie de météorites qui se trouvent irrésistiblement captées, attirées par la gravité d’une planète, les suggestions vont à la rencontre des identités qui sont proches de leurs trajectoires naturelles. Leurs subjectivités interagissent avec elles en les captant, en les aspirants. C’est même à partir de cette interaction qu’une identité se construit et se modèle. Elle a besoin de ces suggestions pour se définir et évoluer car elles constituent l’information, qui est la nourriture des identités subjectives.

Observer et suivre ces trajectoires est un spectacle grandiose et captivant. Cela demande de prendre le temps, d’observer avec patience, tout comme on le fait avec un stéréogramme, jusqu’au moment où la réalité habituelle s’efface pour laisser place à la perception du mouvement des suggestions. L’influence de chacune de ces suggestions sur une identité devient alors perceptible.

Chez un nouveau-né, il n’y a aucune résistance. Une planète sans atmosphère n’est pas protégée et se trouve bombardée avec violence, soumise à des chocs, percutée et ballotée dans l’espace immense… A l’aube de la vie, la subjectivité prend l’information de façon brute, nue, sans analyse et sans retenue.

Puis, progressivement, l’identité se forge. L’enjeu est la survie, la continuité. Chaque nouvelle expérience doit être une façon d’apprendre, de comprendre, pour reconnaitre et anticiper. C’est une adaptation au monde et à ses règles. La subjectivité apparaît. Elle dévie, absorbe, dissout… atténue ou tord ce flot de suggestions.

Enfin, avec la subjectivité, se forment des états de conscience. Chaque état de conscience fonctionne tel un point d’assemblage du réel : une façon d’assembler l’expérience sensible pour nous donner une accroche : ils sont des interfaces.

Notre état de conscience « ordinaire » est celui que nous connaissons le mieux, celui qui semble parfois nous définir. Il est notre masque le plus exploré et connu. Il est notre moyen privilégié pour lire le monde et de le rendre compréhensible, pour interagir avec lui. Au fond, il n’est jamais réellement stable : toute suggestion agit sur lui et le modifie, l’influence. Aussi, sa condition est d’être flexible, souple, pour permettre une adaptation permanente, tout en gardant une continuité qui nous apporte une sensation de connu, de sécurité. L’identité s’appuie sur lui pour se maintenir dans sa cohérence.

Mais, certaines choses agissent parfois sur lui avec trop d’intensité : la fatigue, les émotions fortes, l’imagination et la méditation, le divertissement ou une forte concentration… ou encore ces substances variées, récréatives ou sacrées tels l’alcool, certaines plantes rituelles et autres drogues… L’hypnose !  

Devant ces pressions, l’état de conscience ordinaire sort de son lit comme un fleuve en temps de cru. Nous sommes projetés dans d’autres manières d’assembler le réel, nous explorons et perdons nos repères. Le monde est/semble alors différent, transformé. Il se comprend autrement.

Chacun fuit et recherche, tour à tour, ces modifications. Les fuir est sécurisant : ils sont imprévisibles, créent des remises en cause et brisent les zones de confort. Ils mettent à mal la logique et la rationalité : l’être le plus intelligent semble malhabile devant une émotion !

Les rechercher est ressourçant, parfois salvateur : une vie trop stable et prévisible ressemble à la mort, et quelque chose en nous fuit le trop connu. Et surtout, ils sont une clef pour envisager notre condition. Ce n’est pas un hasard si toutes les formes de traditions, d’introspection, mais aussi les thérapies et le développement personnel, se basent sur une modification directe ou indirecte de notre état habituel.

Ainsi, l’état ordinaire est soumis à d’incessantes pressions externes, de par le monde lui-même, et internes, de par les désirs et les passions. S’ensuit un équilibre délicat : l’identité se meut sur un fil.

Quand notre œil apprend à observer ce phénomène, c’est la danse des états de conscience qui devient perceptible.

     Elle est le résultat de cette lutte entre extérieur et intérieur.

Tout l’art de l’hypnotiseur consiste à voir, puis à favoriser ou à affaiblir certaines de ces pressions pour influencer l’état de conscience ordinaire, le modifier, le modeler. Il agit avec tact et discrétion, sans jamais aller trop loin : l’identité est une chose fragile.

Par son travail, il aide l’identité à modeler les états de conscience / interface les plus adaptés à sa sensibilité. Il adoucit les chaos et assouplit les rigidités. Parce qu’il observe cette danse, il transmet sa compréhension et sa vision, pour guider l’identité et l’aider à dompter le monde des suggestions.

Quand le monde s’assemble dans l’identité.

     Certaines personnes s’émerveillent d’une peinture ou d’un paysage, d’un film ou bien d’un livre. Pour certains la musique est une invitation à découvrir l’univers, d’autres voient des formules mathématiques en regardant le vivant. Pour moi, d’aussi loin que je me souvienne, c’est cette danse qui me semble être la chose la plus sublime et la plus sacrée. Avec mon regard d’hypnotiseur, je la considère comme une ode à la complexité de notre monde. En elle se trouve une des clefs de compréhension de cet univers mystérieux et étrange dans lequel nous évoluons.

regard d'hypnotiseur, par Kevin Finel

Kevin Finel

Pour paraphraser Teilhard de Chardin, peut-être n’existe-t-il pas un univers unique mais chaque vision, chaque identité, contient-elle subjectivement l’ensemble de l’expérience universelle. Peut-être chaque personne, par la façon dont sa conscience assemble le monde est-elle, en elle-même, un univers à part entière, total et cohérent.

Ainsi, il me semble qu’en regardant et en ressentant les modifications d’états de conscience d’une personne, il est possible d’accéder à un tout, peut-être à la totalité. C’est pour moi ce que cherche à percevoir un regard d’hypnotiseur. Et c’est ce qu’il tente d’enseigner, en ouvrant la porte à l’exploration des états de conscience et de leur modification.

Kevin Finel

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Quelques vidéos… http://kevin-finel.fr/quelques-videos/ http://kevin-finel.fr/quelques-videos/#comments Mon, 10 Nov 2014 11:02:39 +0000 http://kevin-finel.fr/?p=647 Pour ceux qui découvrent mon travail, voici quelques vidéos pour commencer l’exploration : interview, conférences, cabinets publics et web série. – Une interview, réalisée par Johanna Quenlen, pour son blog, qui présente mon parcours et ma vision de l’hypnose. – Ma conférence TED, donnée en Juin 2014 sur le thème « Et si l’on prenant des [...]

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Pour ceux qui découvrent mon travail, voici quelques vidéos pour commencer l’exploration : interview, conférences, cabinets publics et web série.

Une interview, réalisée par Johanna Quenlen, pour son blog, qui présente mon parcours et ma vision de l’hypnose.

– Ma conférence TED, donnée en Juin 2014 sur le thème « Et si l’on prenant des cours de cerveau » :  une belle entrée en matière pour comprendre les principaux sujets sur lesquels je travaille !

Un cabinet public entier : ces événements donnés deux fois par mois à Paris (et de plus en plus souvent dans d’autres villes, le calendrier est sur le site de l’arche) sont des occasions de comprendre l’hypnose à travers des démonstrations qui démystifient et exposent les principaux mécanismes de l’hypnose. Je tente d’y rendre compte de ma pratique et de la rendre aussi accessible que possible. Cette vidéo a été tournée en Octobre 2014 et pour une fois, au lieu de proposer un extrait, l’événemnt a été mis en entier sur notre chaine youtube.

La Chaine youtube de l’arche : pour aller plus loin. Nous mettons ici l’ensemble des vidéos tournées à l’école : cabinets publics, conférences, soirées auto-hypnose…   de quoi explorer différentes facettes de l’hypnose.

Le blog de l’arche : plus podcast que vidéo, des discussions sur des aspects techniques de l’hypnose :

– Enfin, comme une petite excentricité, les vidéos de la web-série décalée nommée « manipulation mode d’emploi » que nous avons commencé à créer avec mon ami Jean-François Hirsch. On est ici dans l’humour pédagogique…

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